Une mauvaise gestion, des mauvaises décisions, de l'influence néfaste. Des petits riens qui en bout de ligne s'additionnent et forment une grosse somme. De merde.
Le matériel informatique est composé de pièces électroniques sensibles à plein de choses: température ambiante, humidité relative, variation des 2 précédents facteurs. La chaleur fait fondre les circuits, le froid fait condenser l'eau de l'air. Sans compter qu'une variation de la tension du courant peut provoquer des dommages assez importants.
Tout pour dire qu'il y a quelques semaines un UPS est mort. Celui-ci alimentait au moins 1 serveur. Un UPS (uninteruptible power supply) c'est fait pour durer, c'est du solide. Je ne sais pas s'il avait été acheté neuf ou usagé, mais il a flanché. Ce qui fait que le serveur devait se retrouver sans protection aucune. Il a eu une raté majeure lui aussi, un mois plus tard.
Carte-contrà´leur pour le RAID et un disque, c'est ce que je sais à propos des dégats. Jusque là , ça pourrait aller. Le RAID est fait pour ce genre de bris de disque. Le contrà´leur, c'est autre chose, mais on peut toujours reconstruire le tout sur une nouvelle machine.
Le hic, c'est que c'est long à tout faire ça. Idéalement, on peut donc ramener les copies de sauvegarde en attendant que tout revienne en ligne. Le plus gros du problème c'est quand il n'y a justement aucune copie de sauvegarde.
Tout est perdu! Le serveur qui était aussi le contrà´leur de domaine (je crois) se retrouve hors-ligne, sans aucune donnée disponible pour les usagers. À qui la faute? Qui croyez-vous qu'on blâme en premier? Celui qui a accès physiquement à la machine. Dans notre cas ici c'est le responsable réseau, le technicien informatique.
Je fais immédiatement une parenthèse. La faute, elle revient à la culture de merde des architectes qui "gèrent" plus mal que bien cette école. Ils en ont fait un château-fort de la rebellion anti-universitaire, du je-m'en-foutisme pur et dur. Ils se foutent de tout le monde au nom de leur situation géographique hors-campus. Ils font bande à part et en sont fiers. Ils sont autonomes et se débrouillent! Qu'importe si c'est de la grosse merde et que c'est comme de la broche à foin. Pour rien au monde ils ne veulent qu'on se mette le nez dans leur école, bien qu'elle fasse partie de l'Université Laval.
Quelques années de ce régime et plus personne n'ose se lever et crier tout haut que ça ne vaut pas un clou. Pas même le doyen! Comment voulez-vous qu'un technicien, même avec toute la meilleure volonté du monde, puisse faire valoir ses idées auprès de ceux qui ont le "pouvoir" et qui prennent des décisions selon leur humeur du jour?
L'informatique, ça coûte CHER. Un ordinateur personnel, ça ne coûte presque rien. Mais il y a un réseau, des serveurs, des logiciels, etc. Tout ça demande des équipements spécialisés et certaines compétences techniques. Donc, de l'argent. Fin de la parenthèse.
Devant cette impossible situation et sous la pression venant de partout, le technicien qui est seul dans la fosse soudainement pleine de lions ne peu remonter la pente pour s'en sortir. Sans aucune aide, aucune collaboration, aucune ressource, aucune empathie, comment est-ce humainement possible de surmonter l'épreuve et de ramener tout ça comme avant? La cour aux miracles est ouverte! ...mais les miracles n'existent pas.
Oh! vous savez comment l'histoire se termine? Justement, elle n'aura jamais de fin: z'ont mis à pied le technicien informatique. Le pire, c'est que ça doit être une bénédiction pour lui d'enfin pouvoir sortir de ce trou dans lequel même les rats ne veulent pas aller. Dommage que ce soit sur une mauvaise note. Mais venant des architectes, est-ce qu'il fallait s'en surprendre?
NDLR: la bêtise n'incombe pas au technicien. C'est mon expérience qui parle, j'ai travaillé là ...